Parce que l’histoire, parfois, c’est fantastique

Crédit photo Pierre Laurin, au Salon de la Passion médiévale

 

Par Marie-Hélène Proulx, fondatrice

Pourquoi ainsi chercher à mettre de l’avant les épopées guerrières et éveiller les souvenirs des trépassés s’étant promenés, avec une lanterne à la main et une arme à l’autre? Peut-être parce que les enfants aiment bien vivre quelques émotions fortes et puis, qu’on le veuille ou non, l’attrait des enfants pour les princesses, les fantômes et les chevaliers traverse le temps.

Les mondes fantastiques

Et l’on ne peut que constater que les enfants, en devenant adultes, ne renoncent pas si facilement à cet univers merveilleux, en découvrant les communautés de grandeur nature, répertoriées par centaines sur des sites comme calendriergn.ca ou lapageamelkor.org. Leur objectif? Se rencontrer entre bourgeois, chevaliers, gnomes et autres créatures, en costume d’une époque réelle ou imaginée, associée à une lointaine Europe nordique ou australe, pour se battre, créer des alliances et célébrer.

Crédit photo Yves Perrault pour Les Habitants de la Nouvelle-France

Mais lorsqu’on grandit trop et que l’on crée des alliances, il arrive ce qui doit arriver, même dans les contes de fées : on finit par faire des enfants. Voilà pourquoi plusieurs de ces associations ont commencé à tolérer la présence d’enfants. La majorité d’entre elles, cependant, continuent de faire des combats leurs enjeux principaux et ne laissent ni les enfants ni les adultes qui en ont la tutelle y participer. Afin d’éviter les déceptions, plusieurs habitués suggèrent donc fortement de se tourner vers des communautés qui proposent des activités ne s’adressant qu’aux enfants ou qui mettent de l’avant d’autres activités que les combats.

Les Médiévales Lanaudière, constituent une solution privilégiée pour découvrir les différents acteurs du milieu grandeur nature proprement dit, tout comme, d’ailleurs, le Salon de la passion médiévale, qui se déroule chaque année à Montréal, en début mai et est maintenant sous l’égide des mêmes organisateurs. Les Médiévales de Lanaudière, à L’Assomption, les 20 et 21 juillet, comportent quelques joutes encadrées, mais aussi des jeux gonflables, des quêtes, des jeux et des ateliers pour les enfants, ainsi que la rencontre d’artisans d’hier et d’aujourd’hui.  Rien n’oblige à s’y présenter costumés, mais cela constitue un des plaisirs de la rencontre.

Les festins et moult activités encore attentent aussi les gentes dames, les gentilshommes et leurs enfants sur les vastes terres du Duché de Bicolline, du 11 au 18 août, en Mauricie, qui devra alors rivaliser avec le royaume de la Feste médiévale, du 16 au 18 août, à Saint-Marcellin, dans le Bas-Saint-Laurent. Mais outre la distance qui les sépare, leurs vocations bien différentes les empêchent de devoir s’affronter trop directement, la Feste médiévale tentant de reproduire avec un peu plus de rectitude le mode de vie celte, écossais, viking, dans des campements bien distincts. Et bien qu’on soit autorisé à s’y promener sans costume, on peut être assuré d’y croiser quelques kilts et quelques cracheurs de feu, mais beaucoup moins de soldats, puisque la bataille est beaucoup moins la vocation des lieux, même si quelques joutes y sont offertes en guise de spectacle.

Crédit photo Pierre Laurin

Par contre, à Bicolline, un Troll, un druide et une châtelaine peuvent allègrement festoyer à la même table. Et l’union fait, semble-t-il, la force, puisque Bicolline est parvenue à se tailler la place du roi dans l’univers du grandeur nature et sa grande bataille de 7 jours est même devenue le plus grand rassemblement médiéval fantastique de l’Amérique, attirant, chaque année, environ 3 500 participants, avides de guerroyer, mais aussi de dormir, de manger et de reproduire mille et un rituels de ce monde à demi-imaginaire. Des logements de 4 personnes y sont même proposés aux chevaliers.  Quoiqu’il en soit, dans un cas comme dans l’autre, les royaumes sont assez vastes pour que grands en armures et petits armés d’épées de mousse, ne se croisent jamais dans un même combat. De plus, il serait impensable de s’y présenter sans costume, puisqu’il s’agit de l’un des attraits principaux de l’expérience.

Il est également possible d’assaillir des terres étrangères en famille de façon plus régulière ou dans des communautés plus restreintes, qui ont pris les moyens de s’occuper des enfants de façon sécuritaire. C’est le cas d’Aeternia, sous l’égide de l’Atelier du Loisir, www.gn.qc.ca, à Béthanie, près de Roxton Pond, dans la Haute Yamaska. Les séjours d’une fin de semaine, débutant les vendredis 7 juin, 19 juillet et 30 août, y sont composés de défis à surmonter en famille et de combats très légers. Les familles composent aussi 80% de la clientèle de la communauté médiévale de Zaryzad, www.zaryzad.com, à Val-des-Lacs, dans les Laurentides. Cette équipe en a donc pris son parti, consacrant une troupe d’organisateurs à leurs seuls besoins. Mais il s’agit là quand même d’une formule de grandeur nature pour convertis, avec nuit de camping, livre de règles et distribution de rôles.

Un autre royaume, n’ayant rien à voir avec les grandeur nature, mais qui attire néanmoins les jeunes foules avides d’immersion dans Lanaudière est le Château magique du Complexe Atlantide, une version plus douce et plus haute en couleur de leur célèbre manoir hanté (réservé aux 12 ans et plus). L’un comme l’autre misent toutefois sur les contrastes, les aspects multisensoriels et les effets de surprise, ce qui fait que même le Château peut saisir et émerveiller autant les petits que les grands. Le complexe aquatique et le tout nouveau zoo complètent la variété de sensations que laisse en souvenir un séjour dans ce camping de Saint-Calixte. Non loin de là, sur une note plus chevaleresque, le parc d’attractions Cavaland, à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, présente des spectacles médiévaux avec joutes, en plus de ses activités d’équitation et ses tours de calèche. Certaines jeunes princesses s’y feraient même parfois enlever, parait-il, mais on s’assure au préalable qu’elles ne soient pas trop effrayées. Des ateliers d’escrime s’ajoutent maintenant à ce programme estival qui n’ouvrira ses portes que le 29 juin, les samedis après-midi du 13 juillet au 17 août et deux jours par la suite.

Mais si l’appel du ventre est le plus fort, il n’est pas nécessaire de cavaler aussi loin, du moins si on est montréalais, car il est possible de bruncher, entouré d’animateurs médiévaux, à  L’Auberge du Dragon rouge, à distance de marche du Métro Crémazie. Mais l’œuf de dragonne en étant le plat-vedette, on peut s’attendre à ce que la rigueur historique y cède parfois le pas à la fantaisie. Il vaut toutefois mieux réserver, car, parait-il, la fertilité de madame dragonne peut varier en cours d’année.

Tous ces lieux sauront nous rappeler que le plaisir de s’immerger dans un autre monde, c’est comme le bon vin des Chevaliers de la Table ronde : c’est meilleur lorsqu’on le partage avec ses proches. Mais contrairement aux charmes éthyliques, ceux des grandeur nature se partagent de plus en plus en famille, aux quatre coins du royaume québécois.

Histoire de camps

Camps Légendaires

Qui aurait cru que les jeunes écuyers pourraient précéder leurs proches d’un âge plus mûr sur ces terres anciennes ou fantastiques? Et pourtant des camps de vacances se consacrent même bel et bien à former une nouvelle génération de conquérants, à défendre les lois de l’imaginaire. Deux de ces bootcamps gérés à la pointe de l’épée, où l’on apprend tout l’été le maniement des armes en caoutchouc-mousse (protection oblige) et autres jeux d’adresse et d’imaginaire, ont même des camps de jours et des colonies de vacances officiellement répertoriés selon les critères de l’Association des camps du Québec.

Un de ces camps certifiés attire les jeunes initiés plutôt vers la Montérégie, GN Écuyer, où les 8 à 16 ans devront se métamorphoser en personnages fantastiques, passer leurs journées et leurs nuits sur un site habituellement consacré aux grandeur nature des grands et y tenir leur rôle durant 1 à 4 semaines, à Béthanie, là où, en d’autres temps, les joueurs adultes et les familles liées par les règles du jeu d’Aeternia ont l’habitude de se donner rendez-vous. Du 14 au 19 juillet à Vive la joie, le second de ces camps médiévaux fantastiques certifiés, situé à Saint-Modeste, dans le Bas-Saint-Laurent, avant d’en venir au combat, les joueurs de rôle de 8 à 12 ans passent par toutes les étapes de l’élaboration d’un personnage. Car chacun de ceux qui verront le jour dans ce camp, qu’il provienne d’un monde humain ou imaginaire, aura des caractéristiques bien à lui.

Du côté de la région du Grand Montréal, du 24 juin au 16 août, les Camps Légendaires entrainent leurs troupes de 6 à 16 ans dans une série de défis un peu plus physiques, épée à la main, mais sans trop s’attarder à la complexe création d’un personnage. Les écuyers y déploieront leur énergie dans les camps de jours situés à Laval ou encore, au Domaine vert, un parc de Mirabel où l’arbre-en-arbre deviendra part intégrante de cette formation nouveau genre à la chevalerie. Ceux qui se montreront assez braves pour partir à l’aventure pourront aussi accéder aux terres du célèbre Duché de Bicolline, le temps d’une colonie de vacances, se déroulant du 24 juin au 2 août.

On peut toutefois trancher la ligne du temps sans même savoir tenir une épée et s’épivarder dans d’autres camps de vacances touchant d’autres époques. Parmi eux, le Village québécois d’antan présente une belle occasion de s’offrir une pause et de redécouvrir l’enfance telle qu’elle fut vécue par leurs grands-parents, à travers les jeux et les tâches quotidiennes. Ce village constitue aussi une occasion unique pour des enfants de passer une semaine déguisés, entourés de personnages, parfois sérieux, coquins ou même musiciens, et de devenir eux-mêmes des personnages, aux yeux des visiteurs du village. En effet, rien n’est plus mignon pour les familles découvrant le quotidien des artisans du 19e siècle que d’y observer les enfants du camp de jour ou de la colonie de vacances, affairés ou à leurs jeux.

Le voyage dans le temps peut aussi prendre une forme technologique. Apprendre les rudiments de la conduite d’une Boeing ou d’une navette spatiale à 9 ans, réalité ou science fiction? C’est pourtant la mission des camps de jour et des colonies de vacances du Cosmodôme, ce camps certifié lavallois ouvre les portes de ses simulateurs , qui correspondent à ceux de la Nasa, tant en taille, en forme qu’en complexité, aux apprentis-astronautes de 6 à 13 ans pour son camp de jour et de 9 à 15 ans pour sa de la colonie de vacances. Mais avant de conquérir les galaxies, ceux-ci devront aussi tester leurs aptitudes dans des missions de mise en situation spatiale. Un rêve trop vaste pour être réservé aux enfants? Assurément. Voilà pourquoi on propose aussi aux parents de vivre l’entrainement, durant deux jours, avec leurs grands de 9 à 15 ans, au moment de leur choix.

Aérosim Expérience

Les 12 à 18 ans, dont les ambitions se portent plutôt vers les Boeing et les avions de chasse, trouveront également matière à nourrir leur curiosité dans le camp proposé par Aérosim Expérience comprenant des cours théoriques (avec quelques notions de physique, qui passent très bien, dans le feu de l’action) et du temps consacré aux simulateurs aériens. Ce camp n’est toutefois proposé que sous forme de camp de jour, sans nuitée. Leurs succursales de Laval et Québec offrent tout de même deux lieux de destination possibles. Les apprentis pilotes de Laval auront également droit à une matinée consacrée à l’exploration de l’espace du Cosmodôme et de ses simulateurs.

Donc, quel que soit le camp choisi, les enfants pourront y concocter ensemble des plans pour entraîner ensuite leurs parents à marcher sur leurs traces et entrevoir jusqu’où peuvent porter leurs rêves, ou encore pour leur rappeler les jeux d’enfants que l’on n’aurait jamais dû oublier.

 

Pour connaitre les principaux festivals québécois, qui ont su se démarque par leur allure historique, immersive et familiale, voyez : Des coureurs des bois à la chasse aux festivals

Pour découvrir comment certains monuments historiques ont su être mis en valeur de façon immersive et rendus accessibles aux enfants, consultez : Là où les souvenirs sont légion 

Enfin pour les aventures de pirate, chasses au trésor, aux fantômes et autres quêtes s’adressant aux familles, rendez-vous à : Un trésor d’intrigues

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