Là où les souvenirs sont légion

Crédit photo: Marhart pour le Rendez-vous des Coureurs des bois

 

Par Marie-Hélène Proulx, fondatrice

On ne peut aborder l’histoire sans parler des grands seigneurs, de leurs châteaux, leurs territoires, et des faits d’armes qui ont servi à les préserver. Cela est d’autant plus vrai que plusieurs grands forts sont encore dressés, çà et là, dans les lieux stratégiques de notre territoire et encore scrupuleusement préservés par notre grand ministère canadien.

Une histoire bien gardée

Rendez-vous des coureurs des bois

De plus, en ce quinzième anniversaire du mois de l’archéologie, plusieurs y ajoutent d’autres moyens de se creuser la tête et de s’occuper les mains pour explorer l’histoire. Bien sûr, les combats où l’on s’affrontait au corps à corps et à la baïonnette ne sont plus vraiment, mais on y retrouve quand même des soldats en uniforme et on y entend même parfois résonner des coups de canon et de fusil. Des soldats attendront de pied ferme les visiteurs du Lieu historique national du Fort-Chambly pour leur présenter une parade militaire au rythme des années début 1700. La mécanique des armes et même la mode militaire des 17e et 18e siècles y deviendront également objets d’animation. Les 6 ans et moins y trouveront même des costumes de soldat à leur taille, à porter pour la durée de la visite.

Au Lieu historique national de la Bataille-de-la-Châteauguay, on présentera la réalité militaire sur une note encore plus légère en faisant fabriquer des munitions selon les méthodes d’autrefois, mais en utilisant des bonbons en guise de poudre noire. Des détonations se feront aussi entendre plusieurs fois par jour, cet été, au Lieu historique national des Fortifications-de-Québec, après que les jeunes recrues aient été invitées à se joindre à une courte parade militaire. Mais les 6 à 12 ans y découvriront, à leur grand bonheur que, non seulement des soldats, mais aussi des légendes ont trouvé refuge dans ces fortifications, et qu’elles recèlent des récits de cape et d’épée plutôt magiques ainsi que des défis qui leur sont spécialement destinés, pour les mettre concrètement à l’épreuve durant un bon 45 minutes, bien animées. À l’intérieur du Fort de Chambly, les 7 ans et plus seront plutôt incités à se lancer dans des projets de contrebande. Leurs animateurs complices leur feront ainsi vivre quelques défis physiques et plus ludiques, mais d’autres activités sur le même thème mettront leur ruse à profit pour intégrer certaines notions historiques, topographiques et écologiques de leur paysage.

C’est également par la ruse et peut-être même en essayant de corrompre quelques soldats par la bande que des prisonniers tenteront de fuir les murs du Camps S/43m, un samedi sur deux, au Musée Stewart. Malgré l’ambiance plutôt candide durant l’activité, cette dernière a bel et bien pour fonction de sensibiliser les 9 ans et plus, et les adultes, à la réalité des prisonniers de guerre, à Montréal, durant la Seconde Guerre mondiale, et au passé militaire des bâtiments du Musée. Et pour cause, cette animation est précédée d’une visite guidée qui met le tout en contexte. Mais l’expérience demeure tout de même à mille lieues de la barbarie et beaucoup mieux adaptée aux jeunes joueurs que les divers jeux d’évasion, reproduisant peut-être plus fidèlement le décor d’une quelconque prison, mais plus susceptible de créer quelques frayeurs ou découragements durant l’investigation.

L’Allumeur de réverbères

Quelques visites guidées, évoquant les périls et les jeux de pouvoir, sont également susceptibles de créer de l’impatience chez les plus petits, en autant qu’elles savent, tels de grands stratèges, adapter leurs discours. Celle du Château Frontenac mise sur l’effet un peu magique du décor de château et en ramenant le tour à des objets plus concrets, lorsque les invités frôlent les 10 ans. Certains voyageurs reviennent avec des contes puisés très loin, dans la mémoire collective, pour mieux aborder les enfants dans le détour. L’Allumeur de réverbères se déplacera même, sur demande, de l’un des astéroïdes voisins de celui du Petit Prince de Saint-Exupéry, jusqu’à Trois-Rivières, pour y raconter l’avènement du grand incendie de 1908, dans un langage modérément enflammé, pour ne pas effrayer les enfants. Y mettra-t-il lui-même le feu aux poudres? Mystère. Peut-être laissera-t-il cette tâche aux animateurs costumés du Parc de la poudrière de Windsor, en Estrie, qui se sont accoutumés à répondre aux questions plus naïves de leurs explorateurs.

Des défis tout à fait contemporains attendent aussi les jeunes ayant une flamme guerrière très active, notamment avec les Bootcamps de Just Run, qui auront lieu au Paintball Mirabel, le 14 juillet à Paintball Mirabel, et à Granby, le 27 juillet. Ceux-ci se veulent la juste reproduction d’un entrainement militaire, bénévole déguisé en sergent inclus, mais adapté au niveau de difficultés des 9 ans et plus. L’enjeu n’y est cependant pas tant de se sensibiliser à la réalité des militaires que de s’offrir une bonne course et en revenir plein de boue, sans peur ni reproches. Les affrontements militaires simulés sont également dans la même veine, sur le site de Paintball Mirabel et peuvent s’adresser au même groupe d’âge, grâce à leurs balles à impact réduit. Il faut toutefois s’assurer d’y former un groupe suffisamment grand pour rendre la partie intéressante ou accepter, comme dans la vraie vie, un tel affrontement avec des inconnus, ce qui pourrait éprouver plus durement le courage des jeunes guerriers.

De l’affrontement à la grande paix

Mais l’histoire a suffisamment ce qu’il faut pour rivaliser avec, les jeux de guerre d’aujourd’hui, par ses reconstitutions à grand déploiement. Et pour avancer un pas de plus dans le monde militaire, sachez que le prochain affrontement entre miliciens canadiens de Nouvelle-France, et soldats français et anglais, armés de canons, a été annoncé pour les 27 et 28 juillet, dans le secteur Pointe-du-Lac de Trois-Rivières.

Il s’agit de l’un des points centraux des Rendez-vous des coureurs des bois, www.rendezvousdescoureursdesbois.ca, qui attirent près de 10 000 visiteurs par an. Mais les us et coutumes des premières nations et les métiers de la colonie, les saynètes de vie quotidienne, ainsi que la légendaire soirée du samedi, avec musique, contes et plats d’époque, sont plus à même de convenir aux 7 ans et plus. Et bien que s’y déroule un concours de la plus grosse menterie, on tente de s’en tenir aux détails véridiques dans le décorum. Il est donc fortement recommandé de s’y présenter costumés. Et comme il se doit, dans les contextes qui s’apparentent de près ou de loin au grandeur nature, il est de mise d’y organiser un grand buffet, et dans ce cas-ci, rigueur historique oblige, tous les plats qui seront proposés au Parc Antoine-Gauthier, le 26 juillet, soit la veille de ce grand événement, tenteront d’y revenir aux saveurs de la Nouvelle-France. La musique et la danse qui s’en suivront tendront aussi à ragaillardir les participants de la pointe des pieds jusqu’au bout de papilles.

Bien sûr, aucune des activités en question ne vise à faire courir les mêmes risques qu’autrefois, mais il est tout de même possible d’avoir un aperçu de la façon dont le soignaient les petits et les grands maux des armées en passant par le quartier montréalais de Pointe-Saint-Charles, où le chirurgien militaire présentera toute son artillerie de traitement à la Maison Saint-Gabriel, le 13 juillet. Et même si les soldats peuvent craindre la saignée, il devrait éviter la stratégie de la désertion, s’ils ne veulent pas se retrouver parmi les sujets de l’activité du 10 août, qui portera sur la justice en Nouvelle-France. La Maison Saint-Gabriel est toutefois loin de se faire une spécialité militaire et, tous les samedis et les dimanches, bien de nombreux artisans de tous les métiers peupleront leurs jardins aromatiques et ils s’attèleront à la tâche, tout en répondant aux questions des curieux.

Tourisme Wendake

Si l’on peut dire que, sous certains aspects, la Maison Saint-Gabriel tend à correspondre aux critères muséologiques, il s’avère évident que ses habitants ont su tendre l’oreille au fait que leurs journées animées et les talents de leurs conteurs constituent leur point de mire. Donc, un peu comme au célèbre Village québécois d’antan de Drummondville (toute proportion gardée, bien sûr, le village étant… un village), sans y arriver en costumes d’époque, on peut s’attendre à voir, à goûter à sentir et à entendre la parlure, les saveurs et l’ambiance du bon vieux temps. Les métayères et les cuisiniers occuperont d’ailleurs une place d’honneur à la Maison Saint-Gabriel, cette année, afin de souligner le lien avec l’exposition du moment, consacré à la bonne vieille référence en matière culinaire : la cuisine raisonnée. Cela fait toutefois quelques années déjà que l’on y propose chaque jour un repas de style Nouvelle-France, fidèle à la tradition jusqu’au bout des fourchettes. L’apothicaire y passera également, le 3 août le 14 septembre, et le coureur des bois y reprendra son souffle les 13 juillet, les 17 août et le 14 septembre. Ce dernier ne ratera pas non plus l’incontournable Marché de la Métairie, le 31 août, où les herbes du potager seront disposées sur les étals et vendues aux visiteurs.

Maison longue de WendakeMais en cette année internationale des langues autochtones et en cette saison de la Grande Paix, l’occasion est presque trop belle de se mettre à la place de l’autre un instant, plutôt que de faire jaillir les armes. Une des premières étapes pourrait alors être de se glisser sous sa peau… de castor, ce qui devient tout à fait possible à Wendake, dont un des plus grands attraits est la maison longue, où il est possible de s’endormir, après une soirée consacrée à l’écoute des légendes, en dégustant la banique. Mais si l’on veut découvrir le Musée Huron-Wendat, juste à côté, sans dormir ainsi en groupe, un hôtel chic et moderne, avec internet haute vitesse s’il vous plaît, est situé juste à côté.

Il est aussi possible d’opter pour l’atmosphère plus intimiste de la nuit en tipi, avec légende, bien sûr, mais aussi atelier d’artisanat et découverte, en sentier, des herbes médicinales, et le tout dans le Parc régional de Montcalm, à Lanaudière, donc pas si loin de la métropole. Le mélange de ces éléments et du charme des animateurs ont valu à ce séjour, tout rustique soit-il, un prix d’excellence en tourisme, pour son aspect innovateur. La paix se célèbre aussi en grande pompe sur ce site de Wendake, avec un immense Pow Wow, très haut en couleur, prévu du 28 au 30 juin, avec un espace spécialement consacré aux enfants. Haut en couleur principalement à cause ces costumes, issus d’une tradition millénaire assurément de quelques centaines d’heures de préparation chacun, pour leurs compétitions de danses traditionnelles. Les autres festivaliers pourront danser au rythme des DJ qui livrent une version remixée de la tradition. Mais attention toutefois, alors que les loisirs immersifs misent habituellement sur le déguisement pour attiser l’intérêt, ici, le vêtement traditionnel contribue à préserver l’authenticité de la tradition : il faut donc ne pas y prendre l’amusement trop à la légère.

Pow Wow de Wendake

Et s’il est vrai que c’est par la conscience des erreurs du passé que l’on se prépare un meilleur avenir, il n’est jamais trop tôt pour commencer à prendre plaisir aux péripéties historiques. Il s’agit sans doute d’un premier pas avant d’apprendre, en douceur que, malgré le lustre des royaumes, des habits et des canons, « Patience et longueur de temps valent mieux que force et que rage ». Voilà donc une leçon à continuer à se transmettre, chemin faisant, de ce bon vieux Lafontaine.

Pour connaitre les principaux festivals québécois, qui ont su se démarque par leur allure historique, immersive et familiale, voyez : Des coureurs des bois à la chasse aux festivals

Pour savoir quels grandeur nature sont les mieux adaptés aux familles et quels camps permettent de vivre des expériences immersives, découvrez : Parce que l’histoire, parfois, c’est fantastique

Enfin pour les aventures de pirate, chasses au trésor, aux fantômes et autres quêtes s’adressant aux familles, rendez-vous à : Un trésor d’intrigues

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