Crédit photo: SOS labyrinthe

Note de l’éditrice:

4/5

Un hangar au passé mouvementé

En principe, la réputation de cet ancien hangar à déchargement des arrivages du Vieux-Port de Montréal (à l’époque où le terme « Vieux » ne s’appliquait pas encore), maintenant converti à labyrinthe ludique, n’est plus à refaire.

Mais, dans les faits, il demeure important de démentir les rumeurs qui auraient couru, à propos des affinités avec l’ancien Labyrinthe du Hangar 16, ou le Cargo Mystère qui l’ont précédé, où, à travers des thématiques éclatées ou éducatives, l’équipe d’accueil se devait de montrer ses talents à faire sursauter les ados trop curieux. La formule actuelle cherche plutôt à susciter les sourires chez les petites familles. Ici rien de sombre, d’ardu ou d’effrayant ne les attend.

Le labyrinthe est toutefois loin d’avoir renié ses origines, datant d’il y a plus de 105 ans, alors que le Hangar 16 occupait la totalité du Quai de l’Horloge, fournissant ainsi l’espace nécessaire aux salles d’attente des passagers et aux produits d’importation et d’exportation de toute la région, y compris, parfois, des animaux!

Un soupçon d’histoire, en passant…

Archives de la Ville de Montréal, datant de 1964

SOS Labyrinthe, avec ses 2km de parcours et de culs-de-sac tous entortillés, n’occupe plus maintenant qu’une partie de cet espace d’origine. Son concepteur a mis l’accent principalement sur un aspect de cette vie portuaire : celle du travail des débardeurs. Afin de faire le plein de bonnes idées à ce sujet, les concepteurs se sont laissé inspirer par le comité d’histoire du Syndicat des débardeurs du Port de Montréal, qui a encore pignon sur la rue Notre-Dame. De cette association est même née une chasse au trésor, basée sur des anecdotes historiques et quelques fragments de décors, rappelant l’ambiance des entrepôts d’autrefois.

Cela dit, cet espace ludique ne prétend pas à la rigueur muséologique. Et entre ces différents postes, où l’on retrouve regroupés quelques reproductions historiques, des artéfacts, quelques mots d’explications à l’une des quatre énigmes à résoudre, on retrouve beaucoup de corridors encadrés par des rideaux plastifiés. D’autres éléments aussi n’ont rien à voir avec l’histoire, ou du moins, ont définitivement davantage d’affinités avec celle des fêtes foraines que des entrepôts de travail. Parmi ceux-ci, les faux grillages de prison et les ponts mouvants exercent un attrait indéniable. C’est d’ailleurs vers ce genre d’attractions que semble se tourner l’avenir de cet espace déjà si gorgé en passé, à ce qu’en racontent des organisateurs du labyrinthe.

Un avenir extraterrestre

Déjà, par leur allure relax et leur discours, les « débardeurs » sur roulettes s’apparentent davantage à des amuseurs qu’à de laborieux travailleurs du siècle dernier. Mais tout ce beau monde ne paie rien pour attendre, puisque, durant tout le mois d’octobre 2019, on annonce une invasion, non pas de rats ni de contrebandiers, mais bien d’extra-terrestres! Combien de visiteurs oseront alors venir pactiser ou affronter ces créatures d’un autre monde, avec ou sans déguisement, dans ce périmètre pouvant contenir de 200 à 300 personnes?

Ceux qui craignent le surpeuplement peuvent aussi se présenter en matinée ou après 17h, où l’affluence tend à se résorber. La capacité d’accueil du hangar attire aussi souvent les groupes scolaires, de camps de jour ou même corporatifs, mais, bien que ceux-ci puissent bénéficier d’un rabais de groupe, la formule qui leur est proposée est la même que celle des particuliers.

Mots-clés : port, entrepôt, labyrinthe, chasse au trésor, ouvrier, extra-terrestre, lâcher-prise


Critique

Les rideaux de plastique qui entourent la plus grande part des couloirs et des culs-de-sac de ce labyrinthe se retrouvent sans doute dans bien des entrepôts. Mais, dans ce contexte, qui se veut rappeler celui du siècle dernier, on se doute que ces rideaux sont à ranger dans la case de anachronismes. Suffisent-ils à détourner les visiteurs, et surtout les jeunes visiteurs, de l’histoire?

L’expérimentation semble plutôt prouver le contraire. Et, si, en principe, le parcours doit prendre la forme d’une course contre la montre (sans courir, on nous l’a bien précisé), c’est Valérie, 11 ans, et Nathan, 9 ans, eux-mêmes qui demandent de ralentir, pour regarder les quelques artéfacts, dans leurs présentoirs de verre, lire les descriptions accompagnées de bandes dessinées et traverser les recoins de l’entrepôt, des espaces plus ou moins fidèlement reconstitués. Ces attrayantes reconstitutions s’harmonisent assez bien avec l’aspect ludique des lieux, puisque l’on peut tâter et frapper à loisir.

Ces allers-retours dans le passé demeurent toutefois assez brefs, puisque ces espaces consacrés à la mise en scène sont assez restreints et reliés par de longs couloirs de rideaux totalement inesthétiques. Le hangar a beau être une installation saisonnière (utilisée six mois par année, quand même), son niveau d’affluence semble amplement justifier que l’on développe et que l’on agrémente davantage la formule. Valérie se soucie toutefois assez peu de cet aspect. Son attention se porte surtout sur le plaisir de se faufiler entre les gros tuyaux de caoutchouc-mousse, qui pendouillent du plafond presque jusqu’au sol, tandis que son frère se laisse plutôt fasciner par les miroirs déformants.

Il est d’ailleurs assez étonnant de constater comment, des quelques minutes d’attente avant la présentation initiale jusqu’à la sortie, malgré le fourmillement des familles qui parcourent ces couloirs à l’heure de pointe, tout roule à ce point rondement, sans que l’on se sente pressés par la présence des autres.  C’est « l’industrie du loisir » à son sens le plus pur.

Merci à Audrey, Valérie et Nathan, mes explorateurs et critiques adjoints

Disons que ces éléments, en plus des indices qu’offrent assez généreusement les animateurs en salopette, font que l’on parvient à se satisfaire sans trop se casser la tête. Valérie et Nathan, qui venaient de terminer un jeu d’évasion, annoncent d’ailleurs, avec une touche d’orgueil, qu’en comparaison, les épreuves du labyrinthe sont « trop faciles ». Nathan en vient même à conclure que la meilleure façon de vaincre la montre, ici, c’est de ne pas avoir de stratégie du tout.

La réflexion de ce débardeur potentiel de sept ans vaut néanmoins son pesant d’or : car l’expérience révèle que l’un des secrets de la réussite de l’activité en un temps respectable repose dans une bonne dose de lâcher-prise. Se passer constamment le flambeau et multiplier les pas jusqu’au prochain trésor mène plus assurément à destination avec le sourire que de gaspiller ses énergies à définir le trajet optimal ou à ne suivre qu’un seul leader.

En ce sens, une telle activité aurait beaucoup à apprendre aux grands gestionnaires de projets de ce monde. Mais ces derniers risqueraient de trouver, de prime abord, la tâche à accomplir un peu trop légère. Il vaut donc mieux affronter le projet dans un esprit un peu plus festif.

Marie-Hélène Proulx, fondatrice

détails

1 personne ou plus, 6 ans et plus (suggéré), 60 minute, 18,75$

Attention

Attention

Saisonnier: fermé de la mi-octobre au début mai

- de 4 joueurs

- de 4 joueurs

-25$ par personne

-25$ par personne

Aire de repas

Aire de repas

facile

facile

Famille (0 à 10 ans)

Famille (0 à 10 ans)

Fêtes d’enfants ou d'adultes

Fêtes d’enfants ou d'adultes

Réductions pour les jeunes

Réductions pour les jeunes

Supervision joueurs

Supervision joueurs

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