Crédits photos Guidatour et Fantômes Montréal

Note de l’éditrice:

3,5/5

Description

Chez Guidatour, des personnages se présentent après la tombée du jour, en costumes aux allures des siècles passés. Ils viennent raconter qu’en Nouvelle-France, la justice a pris son temps avant de pointer le bout du nez. Et avant qu’elle ne se présente, le destin a frappé, souvent violemment, et sans scrupules.

La survie, à l’époque du bon vieux temps

Ainsi, sous l’aile du guide-conteur nocturne, le Vieux-Montréal apparait sous un autre jour. Les lieux, jusqu’ici synonymes de prestige et de villégiature, apparaissent soudain à travers le prisme grinçant d’une époque où il était beaucoup plus commun d’y lutter pour sa survie.

À l’approche de l’Halloween, on promet d’en rendre les nuits particulièrement légendaires et parsemées d’événements surnaturels. On ajoute, en effet, çà et là, quelques soupçons bien dosés de cette magie noire. Mais c’est avant tout la folie presque infinie des hommes qui occupe le haut du pavé des récits, entrecoupés de détails historiques concernant les incendies, les épidémies et le fonctionnement du système judiciaire de la colonie.

Détails sanglants au menu

Bref, on y retrouve beaucoup d’informations qui pourraient assez bien s’intégrer au programme régulier de Guidatour. Cette organisation laisse d’ailleurs ses fantômes s’emparer de groupes privés durant toute la saison estivale. Mais même si l’on continue de sentir l’âme vaillante du guide qui se cache sous le costume, il ne faut pas s’attendre ici à des descriptions encyclopédiques et exhaustives du Vieux-Montréal. La promenade demeure fidèle à la mission annoncée, pour ce qui est de son contenu : nourrir notre curiosité pour les histoires sanglantes par quelques anecdotes grinçantes racontées avec moult détails.

Ce choix « éditorial », si l’on peut dire, explique et justifie amplement le fait que cette visite obscure soit déconseillée aux moins de 12 ans. Il est vrai que l’on commence bien avant cet âge à s’amuser à se faire sursauter en évoquant des fantômes. Ce n’est toutefois pas cela qui effraie ici, ou si peu, mais plutôt quelques descriptions de châtiments, à la limite du supportable.

On passe plus d’une bonne quinzaine de minutes dans certains lieux consacrés, pour bien s’imprégner de leur ambiance, discuter et démystifier ensemble quelques anachronismes. Il faut alors chercher très fort à se glisser dans la peau des spectres pour oublier nos chairs frigorifiées (c’était le début de l’automne). Il vaut donc mieux, pour les auditeurs plus frileux, envisager l’idée d’une errance plus tôt dans l’année, ou se présenter vêtus, si ce n’est comme en d’autres siècles (pourquoi pas?), au moins en ressortant ses habits de la morte saison…

Mots-clés : visite guidée, fantôme, légende urbaine, maison hantée


Critique de l’éditrice

Faire redécouvrir le Vieux-Montréal en passant par les décombres de l’âme humaine, une bonne idée? Quoiqu’il en soit, la proposition parvient à stimuler suffisamment l’intérêt des vivants pour faire vivre très honorablement Guidatour durant de nombreuses nuits précédant le jour des Morts.

S’immerger ou non dans la nuit

Il faut dire que l’immersion est dans l’air du temps et que l’idée de poser les pieds là où d’autres ont craint les châtiments du ciel et des hommes a de quoi titiller la curiosité. Mais peut-on réellement parler d’un tour théâtralisé, comme le laissait présager l’annonce de l’événement? La guide qui mène le groupe est compétente et bel et bien costumée dans un style Steampunk. Mais là n’est pas la question.

« La » spectre qui nous guide se présente sous le nom de Marie… quelque chose… une revenante des siècles derniers à propos de laquelle le reste de la soirée ne nous permettra malheureusement pas d’apprendre davantage. Et, bien que Marie fasse mine de sursauter quelquefois, pour provoquer de notre part un sursaut de compassion, nous ne la verrons jamais ni en larmes, ni en rage, ni terrorisée par quelque chose qui concernerait, de près ou de loin, sa propre existence. Et les trois différents spectres de Guidatour qui ratissent la ville en ces heures tardives ne se croiseront jamais ni n’interagiront d’une manière ou d’une autre.

Le rôle de notre Marie ne semble donc pas s’apparenter à celui d’un maitre de jeu d’évasion, qui se fait un devoir de fusiller du regard chaque nouveau venu entre ses murs. Notre dame fantomatique est là pour raconter l’histoire. Elle s’attarde même gentiment aux réactions de chacun et tente de les utiliser pour relancer le récit. Il faut dire qu’il n’est pas toujours évident de demeurer dans son rôle, en sautant d’une époque à l’autre, ou lorsque le « S’cusez m’dame, où c’est qu’on trouverait des cigarettes? » d’un touriste égaré vient couper court à un de ses élans lyriques.

Les défunts courent encore

Pourtant, l’idée de cette marche en plein air continue d’en valoir la chandelle, plus que n’importe quel décor de carton-pâte. D’accord, le Vieux-Montréal n’a pas aussi bien préservé son cachet historique celui de la capitale, mais Marie maitrise assez bien son récit pour faire revivre son personnage avec beaucoup plus de spontanéité et de finesse que ne le font d’autres revenants de sa confrérie, hantant le Vieux-Québec. Lorsqu’elle parle des défunts qui semblent réapparaitre, encore aujourd’hui, dans un halo bleuté, à travers certaines fenêtres de lieux sombres ou désaffectés, on y croit. On a même du mal à croire que la conteuse ne s’est pas convaincue elle-même de leur omniprésence.

Assez étrangement, on n’observe pas beaucoup de vestiges de passé à travers cette aventure. Évidemment, il n’aurait pas été très bon ton, pour l’arrondissement, de laisser ses anciens échafauds trop en évidence. De plus, comme nous l’explique notre guide, la justice a mis beaucoup de temps avant d’avoir son propre palais dans la métropole et le feu s’est chargé à maintes reprises de faire disparaitre les autres traces du passé. Seuls quelques caniveaux porteurs d’épidémies se dessinent encore. Le reste est souvent porté par notre imagination.

Notre esprit de déduction nous laisse aussi deviner qu’il est difficile de se faire ouvrir des portes pour visiter des intérieurs à une heure aussi tardive. Pourtant, certains lieux, que l’on nous dit hantés, comme l’Auberge Saint-Gabriel, semblent encore grouillants d’activités et on brûle d’envie d’en franchir le seuil. Mais cela n’est peut-être qu’un début et, malgré les traditions bien ancrées de Guidatour, qui célèbre ses 20 ans cette année, son éveil de trépassés est peut-être promis à un avenir innovateur.

Marie-Hélène Proulx, fondatrice

Détails

1 personne ou plus, 12 ans et plus, 90 minutes, 25$

Attention

Attention

du 4 mais au 2 novembre seulement

- de 4 joueurs

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facile

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Supervision joueurs

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