Crédit image: Échappe-toi

Note de l’éditrice:

4/5

L’Arbre de la vie

L’arbre de la vie… un symbole qui semble plonger ses racines à la base même de l’âme humaine, du moins c’est ce qui semble ressortir de tous les grands systèmes religieux et philosophiques de ce monde : bouddhisme, islamisme, croyances celtes et égyptiennes… où il semble croitre en force et en prestige. Partout, on l’associe à une force protectrice et à la promesse d’une forme d’éternité et d’alliance entre les êtres, en apparence désunis. Il en va de même dans la religion chrétienne où on dit pourtant cet arbre porteur du fruit qu’aurait croqué Ève…

On sait avec certitude que les autochtones d’Amérique du Sud auraient ménagé une place significative à ce symbole dans leur système de croyances. Ceux du Nord en auraient-ils, eux aussi, entendu parler à travers les branches? Difficile à dire, mais difficile aussi d’imaginer que l’arbre n’ait pas fini par trouver droit de cité dans l’esprit de peuples aussi étroitement liés au sort de la forêt que ceux des Amérindiens du Nord. Ce fut, du moins, la certitude d’un archéologue québécois qui a su se rendre presque plus célèbre que la légende elle-même, par ses efforts désespérés pour retrouver l’épave de La Petite Hermine, convaincu qu’il était qu’une part du tronc de cet arbre originel avait été caché quelque part dans ce navire.

Des espoirs craquants

La séduisante intuition de ce scientifique a d’abord réussi à mobiliser les ressources pour repartir à la recherche de ce navire abandonné par Jacques Cartier, entre les mains du grand chef Donnacona, des terres d’Hochelaga.  Mais, le chercheur ayant sombré dans la folie en cours de route, son projet s’est effondré avec lui. Quelques années plus tard, un professeur d’archéologie plus posé (et plus habile dans les demandes de subventions et les relations publiques!), a su reprendre cette piste. En suivant les indications minutieuses de son illuminé confrère, avec davantage de moyens, il est parvenu à repérer et même à faire émerger le navire.

Mais ce bâtiment, que Jacques Cartier avait abandonné dans un état déjà piteux, il y a quelques siècles, comporte de grands risques pour qui oserait l’explorer. Cette découverte a donc elle-même a été gardée secrète. Résultat, il fallut que les crues du printemps 2019 la menacent avant qu’in extremis, l’archéologue se sente prêt à employer tous les moyens possibles, avec ou sans permissions officielles, pour explorer les lieux. Il ne s’agit plus que d’une question d’une soixantaine de minutes avant que les rives des Rapides de Lachine ne l’engouffrent à nouveau. Le lourd orage qui tonne à l’horizon sonne déjà le glas de l’épave.

Croquer le risque à pleines dents

Mais notre scientifique est décidément plus à l’aise dans les congrès d’archéologie et sous les projecteurs que sur les planchers humides, craquants et prêts à s’enfoncer. Lorsqu’il vous a approchés, dans un de ses cours d’université, et vous a gracieusement invités à vous joindre à cette expédition « absolument sans risque », vous n’avez pas été assez naïfs pour le croire : vous aviez entendu parler de la légende qui se cache au fond du navire. Mais, comme pour Adam et Ève, le désir de connaitre et la soif d’aventure ont pesé plus fort que le reste.

Mais justement, cet arbre de la vie ne cacherait-il pas une part sombre, particulièrement pour les hommes osant en croquer les fruits ou, pire, en trancher une partie? Tout ce que laissent deviner les rumeurs, c’est que la possession de cette part de l’arbre aurait coïncidé avec le début des affrontements entre les autochtones et les troupes de Cartier. Puis, à partir du moment où Donnacona aurait tenté de retirer à son peuple cet objet de malédiction, en le dissimulant dans la Petite Hermine, l’équipage de Cartier aurait été disséminé par le Scorbut, d’où son choix d’abandonner le navire.

Même la salle où l’on tente de faire revivre cette énigme, chez Échappe-toi, après plusieurs modifications, semble menacée de disparition prochaine. Oserez-vous alors affronter les périlleuses minutes qui vous séparent encore de l’éternité?

Mots-clés: jeu d’évasion, Amérindiens, navire, chasse au trésor, mythe


Critique

L’épave de la Petite Hermine, maintenant échouée au 2244 rue Larivière, dans Hochelaga-Maisonneuve, a tout ce qu’il faut pour inspirer l’admiration, d’une part parce qu’elle se veut un rappel plus ou moins exact du vaisseau qui porta Jacques Cartier dans un nouveau continent, d’autre part, parce que sa reproduction même a contribué à révéler un esprit visionnaire : il s’agit de l’un des premiers jeux d’évasion bâtis au Québec (mais le deuxième d’Échappe-toi).

Et pour cause : l’épave commence à craqueler de partout, et l’on sent que ces fissures ne font pas toujours partie du scénario et m’ont valu quelques « Attention, c’est fragile! » de la part de mes partenaires de jeu. Par ailleurs, les raisons qui ont justifié la popularité et le maintien de cette salle ont visiblement encore leur raison d’être. Échappe-toi s’est toujours fait un point d’honneur d’attirer les petites familles, tout en gardant ce qu’il faut pour captiver les adultes. Et du fil à retordre, ce n’est pas ce qui manque, dans ce décor de fond de cale de navire, qui n’a rien d’infantilisant.

Notre groupe était d’ailleurs constitué de deux adultes expérimentés, qui avons ravalé notre orgueil et trimé dur, ainsi que de deux novices de moins de 12 ans, qui ont définitivement mené le bal. Signe de génie ou chance du débutant? Peut-être un peu des deux, mais sans doute aussi parce que cette salle mise beaucoup sur des jeux de manipulations d’objets, de cachettes et d’observations. Certaines intrigues rappellent aussi la logique de certains passe-temps auxquels la plupart des adultes n’ont pas joué depuis belle lurette. L’appel à la pensée hypothéticodéductive ou à des savoir-faire connexes, comme l’utilisation de cartes géographiques ou de reproductions d’artéfacts, n’y occupe donc pas le haut du pavé.

Audrey, la jeune adulte qui m’accompagne, fait néanmoins remarquer que, dans ce décor à thématique historique, on retrouve peu de mécanismes électriques ou magnétiques ou d’effets optiques, dont tant de nouvelles maisons d’évasion tirent leur fierté. Ici, les tons neutres, la sobriété sont encore de mise.  On y retrouve aussi les acteurs en chair et en os, qui font partie de l’indémodable recette de la maison. Ceux-ci s’avèrent toujours plus à propos qu’un émetteur-récepteur ou autres engins pour venir stimuler la complicité du groupe, lors d’un moment d’exaspération. Ces personnages se montrent généralement très attentifs à l’état d’âme des joueurs. L’ensemble de l’équipe d’Échappe-toi également.

Merci à Valérie, Nathan et Audrey et à leur esprit bouillonnant

Notre archéologue accompagnateur a donc manifesté sa présence, mais, devant la timidité des enfants, n’a pas pu révéler sa part la plus enflammée. Il aurait tout de même pu pousser un peu plus loin la note du déguisement (très approximatif) et partager un peu plus son histoire. En effet, il n’est pas évident de comprendre pourquoi un chercheur passionné céderait si facilement sa place pour l’exploration d’un bâtiment ayant une telle réputation et, qui plus est, celle de contenir un trésor! Quand on a la chance d’avoir un acteur juste pour soi, on aimerait bien en profiter pour l’entendre se raconter un peu plus.

Son attitude compatissante néanmoins fut la bienvenue au moment de l’annonce de l’engloutissement du navire (avec nous à son bord!) 60 minutes après notre entrée. Nous (les adultes surtout) avons même aidé le bâtiment à couler un peu plus vite en tambourinant le sol du pied, lorsque les énigmes restantes nous furent révélées. On s’enrage de ne pas les avoir comprises : elles étaient assez brillantes pour entrer dans la légende.

Marie-Hélène Proulx, fondatrice

Détails:

8 ans et plus (suggéré), 2 à 8 joueurs, 90 minutes, 23$

Réservez s'il vous plait

Réservez s'il vous plait

- de 4 joueurs

- de 4 joueurs

-25$ par personne

-25$ par personne

Accès avec handicap

Accès avec handicap

Aire de repas

Aire de repas

Famille (0 à 10 ans)

Famille (0 à 10 ans)

Fêtes d’enfants ou d'adultes

Fêtes d’enfants ou d'adultes

Salle de conférence

Salle de conférence

Supervision joueurs

Supervision joueurs

Laisser un Avis

La qualité de l’accueil
L’originalité
L’expertise de l’équipe
L’adaptation aux différentes clientèles
Aspect, confort et propreté des lieux
Publication en cours ...
Votre évaluation a été envoyé avec succés
Veuillez remplir tous les champs