Crédit photo: David Santerre

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Les craintes factices d’un jeu de simulation peinent à nourrir votre soif d’adrénaline. Et pour cause, vous vous abreuvez des images des plus grands trapézistes et acrobates d’Europe de l’Est depuis votre plus tendre enfance. Ces artistes-là, souvent partis de rien, savaient qu’ils n’avaient rien à perdre à affronter le vide.

Lorsque le temps se fige

Haut comme trois pommes, déjà vous étiez prêts à vous lancer sur leurs traces, mais une suite de bras cassés et de jambes plâtrées ont eu raison de vos tendances très téméraires, du moins, en apparence…

Comme tous les passionnés de cirques, vous savez donc que le plus grand des grands du dernier siècle porta l’étonnant nom de « Cirque bizarre de la société de l’Ukraine ». Le nom que nous leur connaissons aujourd’hui, le Cirque National de l’Ukraine, ne fut adopté qu’après que le Cirque bizarre connut son plus dramatique coup de théâtre : leur création de 1986, dont la première était prévue lors de l’inauguration d’un parc d’attractions sans précédent, à Pripiat, le 1er mai, n’a jamais accédé à la scène. Quatre jours avant cette première, ce parc, à deux pas de la fameuse usine de Tchernobyl, s’est retrouvé au cœur des ions radioactifs.

Le chapiteau était déjà dressé et prêt à accueillir les foules, lorsque l’explosion a retenti. Depuis, plus rien n’a bougé. De toute façon, qui prendrait la responsabilité d’envoyer des ouvriers faire le ménage dans ce secteur encore déserté, 30 ans plus tard, à cause de son taux élevé de toxicité? Cela n’a pas empêché un tourisme marginal de se développer. Et quelques habitants sans le sou de Prypiat proposent de déposer les touristes avides d’émotions fortes, pour quelques heures, en zone interdite.

Terre promise… et dévastée

Certains blogueurs hors-normes racontent même que l’on y entend, de loin, grincer la Grande roue, qui rappelle étrangement un rire cynique d’enfants. Mais …de loin seulement, parce que vous avez beau lire et relire les offres du darknet, aucune ne propose un accès à l’intérieur du parc d’attractions. Mais votre besoin d’adrénaline guide déjà vos actes et vous vous dites qu’une fois sur place, vous trouverez bien le moyen de convaincre quelqu’un de vous rapprocher de votre rêve.

En voyant arriver votre navette, à Prypiat, un véhicule rafistolé qui semble tenir par la poussière, vous vous dites que convaincre le chauffeur d’entrer dans le périmètre du cirque, moyennant quelques dollars américains supplémentaires, ne devrait pas être trop difficile. Mais la conversation s’est vite envenimée : votre conducteur vous a rétorqué qu’il a une famille à nourrir, qu’il n’a pas à risquer sa vie pour des têtes brûlées comme les vôtres.

Vous réussissez, de peine et de misère, à négocier pour qu’il vous laisse à quelques centaines de mètres du cirque, mais à la condition de tout payer à l’avance. Il vous répète tant et plus que si vous n’êtes pas revenu, dans 60 minutes pile, au point de rencontre prévu, il ne se gênera pas pour repartir sans vous. Qu’auriez-vous pu lui rétorquer à cela? Il sait, sans doute mieux que vous, les risques imminents à la vie que l’on court, à s’attarder plus d’une heure dans cette zone.

Trente ans plus tard, c’est le grand saut

Mais votre cœur commence à bondir dès votre sortie du véhicule, lorsque vous commencez, vous aussi, à entendre les rires grinçants de la Grande roue. Mais ce sont plutôt les sonorités, comme des miaulements de chats écorchés, lorsque vous vous débattez contre le mécanisme de la clôture d’entrée du parc, qui vous restent gravées à la mémoire. Puis, après votre entrée, le bruit fatal que vous n’aviez pas prévu : celui d’un ressort assurant la fermeture automatique de la porte. Celle-ci ne s’ouvre visiblement plus de l’intérieur.

Avec ce claquement brutal, vous avez compris que vous veniez de passer à un autre monde que celui auquel les jeux d’évasion vous préparaient. Dans ce décor, en partie carbonisé, vous ne percevez aucun cadenas qui brille à portée de vue. Tout à coup, la petite navette bringuebalante, qui repartira sans doute sans vous, vous semble le lieu de plus désirable de ce monde. Pouvez-vous encore aspirer à la retrouver?

Mots-clés : jeu d’évasion, cirque, Europe, nucléaire, Parc d’attractions

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Critique

Tels des gamins excités le soir de Noël, nous entrâmes dans ce cirque abandonné, où le kiosque de friandises nous aurait donné l’eau à la bouche, à sa belle époque. Mais, évidemment, le cirque est dans un bien piètre état : la radioactivité et la désertion de ses occupants ont bel et bien modifié les éléments qui nous entourent.

Arcades et jeu d’adresse

Comme la troupe de cirque a dû quitter rapidement, suite à l’explosion nucléaire, nous avons eu la chance de n’avoir aucun cadenas nous barrant la route, laissant libre cours à notre désir de nous amuser avec les jeux d’arcades comme des petits fous.

Bien que nous n’ayons que 60 minutes pour sortir avant d’avoir absorbé trop de radiation, il suffit ici, comme dans tous bons jeux d’adresse, d’être précis pour réussir.

Par contre, vous n’avez que très peu de temps pour laisser vos yeux s’abreuver de ce décor glauque et décrépit si adroitement travaillé, de pièce en pièce : si vous vous attardez trop longtemps, vos chances de rentrer à la maison fondront à vue d’œil!

L’enchaînement est juste assez linéaire pour que nous ayons tous l’opportunité d’avoir un jeu. Malgré le fait qu’un cirque est conçu pour recevoir un grand nombre de personnes à la fois, cette escapade est idéale pour 4 personnes.

Vous avez dit cirque russe?

En plus d’en avoir pour notre argent en savourant notre environnement des yeux, l’ambiance circassienne russe est aussi optimisée par une bande sonore sinistre et parfaitement adaptée au contexte. Le dépaysement continue avec l’utilisation du langage russe omniprésent, qui nous procure une excellente immersion ethnologique.

Quelques références supplémentaires à la radioactivité seraient les bienvenues, mais ne changeraient rien au plaisir d’accomplir ce jeu.

L’éclairage est généralement adéquat, sauf pour l’entrée dont la faible luminosité rend la tâche difficile à accomplir pour certains yeux fatigués.

Service sur mesure

Évade-toi offre un service personnalisé d’activités corporatives, entre ses murs ou directement en en entreprise. Une personne attitrée à cette fonction vous informera des activités de teambuilding idéales pour vos besoins.

D’autres types d’évènements sont aussi proposés pour le bonheur de tous en toutes occasions. D’ailleurs, ils ont gagné un prix pour leur jeu d’évasion mobile présenté l’été dernier dans le cadre de lOktoberfest de Repentigny.

Isabelle Marion et Julie Gagnon, critiques

 

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Détails

12 ans et plus, 3 à 6 joueurs, 60 minutes 23,49$

- de 4 joueurs

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-25$ par personne

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Réductions pour les jeunes

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Stationnement

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Supervision joueurs

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