Consolider son équipe: par où commencer?

Le fait, pour une organisation, de connaître peu de ressources peut amener des conséquences beaucoup plus néfastes que le choix d’un mauvais traiteur. Le gestionnaire ou la personne à qui le dossier est délégué risque alors de faire son choix en fonction des ressources connues et non des besoins réels du groupe.

Et, même si un consultant satisfaisant et une ressource suscitant un enthousiasme mobilisateur dans son équipe ont pu être identifiés, rien n’assure que l’arrimage entre l’un et l’autre demeure satisfaisant, surtout en prenant en considération le fait que plusieurs consultants remettent en question la pertinence d’une combinaison de leur proposition de services avec celle d’une activité ludique. Alors, bien que les mise en situation soient valorisées depuis longtemps en ressources humaine, il est fort à parier que plusieurs experts ne se sentiraient pas dans leur élément, s’ils devaient intervenir dans une ambiance médiévale, entourés de zombies ou utiliser un scénario d’évasion où l’on doit désamorcer une bombe.

Du côté des loisirs dits « immersifs » ou « corporatifs », la porte est généralement ouverte à la venue d’un consultant, si tel est la demande du client. Certaines de ces entreprises établissent même des partenariats plus réguliers avec des experts formés en éducation, en psychologie ou en gestion des ressources humaines, mieux disposés envers les approches incluant une dimension ludique, ou même en comptent parmi leur propre équipe de gestion. La majorité des créateurs d’activités orientées vers les groupes, qui prétendent contribuer à l’esprit d’équipe, ne sont toutefois pas en mesure de garantir un tel degré d’expertise, directement sous leur toit. Par contre, le fait de choisir une activité avant d’avoir exploré l’ampleur de l’offre proposée par plusieurs entreprise peut amener à négliger des propositions mieux ciblées, et parfois plus exigeantes, qui permettraient d’intégrer de manière pertinente les aspects théoriques et expérientiels. Hans Péladeau-Bissegger, du Club Raft, à Verdun, est d’ailleurs souvent confronté à cette limite :

Quelques heures de rafting, ce n’est pas suffisant pour repenser toute la dynamique d’une équipe de travail, on s’entend. Pourtant, on pourrait offrir mieux. Ma copine a un DESS en intervention par la nature et l’aventure, c’est un cours de niveau de deuxième cycle universitaire. Elle ne demande rien de mieux, elle, que d’organiser des activités de deux jours, même d’une semaine, avec des moments et des espaces consacrés à la réflexion, où l’on pourrait faire des parallèles avec ce que l’on vient de traverser ensemble. Mais quand les gens arrivent ici et nous demandent une activité de « Team building », mais en nous disant toujours que cela doit entrer dans une demi-journée, alors on leur explique ce qui est possible ou non et on leur donne leur demi-journée de plaisir, même si c’est clair que l’on n’ira pas très en profondeur.